Réussir fruits et légumes 06 juin 2013 à 17h11 | Par Réussir Fruits et légumes

Commercialisation - Les marchés de gros veulent prendre du muscle

Les MIN et marchés de gros pourraient être le maillon de la filière pour des producteurs-coopératives, grossistes, transformateurs, distributeurs autour de projets de territoires inter-régionaux. Plus que des produits, ils ont des solutions à vendre.

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Rungis, premier MIN de France avec plus de 750 000 tonnes de fruits et légumes commercialisés par 340 entreprises.
Rungis, premier MIN de France avec plus de 750 000 tonnes de fruits et légumes commercialisés par 340 entreprises. - © Rungis

Les Marchés d’intérêt nationaux (MIN) et marchés de gros sont des lieux de rencontres où se côtoient des vendeurs : producteurs, grossistes ou importateurs de produits agricoles et alimentaires frais, et des acheteurs : détaillants, restaurateurs mais aussi des centrales d’achat de la grande distribution. « Leur logique fondatrice est basée sur le regroupement de l’offre des grossistes et des producteurs de carreaux en unité de lieu et de temps : le MIN, dans un souci de mise en concurrence et de "facilitation" d’accès aux clients. Cette logique s’est voulue notamment être vecteur de dynamisme de l’activité de gros et de baisse des prix à la consommation de par cette concurrence favorisée par les MIN et marchés de gros », explique une étude récente de FranceAgriMer (1).

Aujourd’hui, les MIN et marchés de gros représentent ainsi 26 % du chiffre d’affaires du commerce de gros alimentaire de produits frais avec une prépondérance des productions de fruits et légumes qui assurent 43 % du chiffre d’affaires. « Toutefois, l’analyse de leur activité sur la période 1999-2010 souligne une évolution des produits frais fruits et légumes, qui dominent toujours, vers la diversification des activités », explique l’étude. Les activités traditionnelles baissent de 9 % alors que l’activité « autres produits transformés » s’accroît de 7 %, témoignant d’une adaptation des MIN et marchés de gros à la demande. Ce qui fait mentionner aux auteurs que la vente de solutions devient donc tout aussi importante que la vente de produits. Le rayonnement de certains MIN et marchés de gros s’élargit, pouvant à terme modifier leurs rapports au territoire. « Les métiers sont appelés à poursuivre une évolution vers la logistique, la transformation, voire l’intégration de la fonction de distribution », précisent-ils. Des mutations sociales, économiques et technologiques à incorporer dans les stratégies de demain ont également été identifiées. Ainsi, les tendances locavores, bio, équitable, recherche de qualité sanitaire et de diversité sont des enjeux de positionnement des MIN et marchés de gros dans leur territoire. Les mutations économiques avec une radicalisation des arbitrages « prix-valeurs » et des filières de plus en plus pilotées par l’aval nécessiteront l’intégration des fonctions de distribution, de marketing, tout comme le développement des services (E-commerces, logistiques, drive et transformation produits). La pratique de « consommation connectée » (TIC), qui s’est fortement développée, témoigne aussi de ces mutations technologiques.

Asseoir un développement inter-régional

Dans leur analyse de l’environnement des MIN, les auteurs rajoutent également le coût de l’énergie et la relocalisation induite des échanges commerciaux, les accords internationaux fruits et légumes (ex : Union européenne-Maroc), la logistique inter-régionale et en milieu urbain, la transformation, les alliances stratégiques (avec les producteurs, coopératives, IAA, détaillants), les évolutions législatives sur l’urbanisme commercial… autant de facteurs pouvant influer fortement le devenir des MIN et marchés de gros. Au regard de ces évolutions, un double enjeu pour le devenir des MIN et marchés de gros se dessine. Ils devront adapter leurs prestations de services et leur positionnement filière, et mettre en œuvre localement des politiques publiques urbaines et commerciales cohérentes avec les enjeux d’aménagement du territoire. Dans les préconisations, on trouve aussi l’intérêt d’une relation accrue à structurer avec les producteurs et les coopératives. « Dans un contexte de probable instabilité des revenus agricoles, notamment en fruits et légumes, les MIN et marchés de gros offrent des circuits de distribution alternatifs, et des capacités de dégagement de production », mentionne l’étude. Elle préconise également la construction de stratégies d’alliance avec les IAA locales et régionales, afin de répondre aux demandes de produits transformés et faciliter le dynamisme des IAA sur des marchés locaux. Enfin, il est préconisé de « muscler » les échanges et réflexions sur le positionnement des MIN en lien avec les acteurs que sont les régions et les pôles métropolitains (et plus uniquement les communes, les communautés urbaines ou d’agglomération) pour asseoir un projet de développement inter-régional, régional et métropolitain.

Guy Dubon

(1) MIN et Marchés de gros, diagnostic, perspêctive et stratégie. FranceAgriMer, Blézat consulting (2012).

Lire notre enquête complète et notre interview sur Réussir F&L n° 329

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