Réussir fruits et légumes 14 septembre 2012 à 10h31 | Par Réussir Fruits et légumes

Ctifl - Des projets plein les champs

De nombreux projets d’expérimentation sont actuellement en cours au Ctifl, centre de Balandran. Tous visent une meilleure « durabilité » des productions légumières.

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Pour le poivron, l’année 2012 devrait permettre la validation de la grille Pilazo.
Pour le poivron, l’année 2012 devrait permettre la validation de la grille Pilazo. - © Réussir FL

La journée portes ouvertes « Légumes hors-sol et en sol » du Ctifl, Centre de Balandran à Bellegarde (30)a mis en avant les nombreux projets en cours sur différentes espèces, tomate, melon, fraise, aubergine. Les thématiques, souvent communes, visent à limiter l’usage des intrants (produits phytosanitaires et fertilisations) et trouver des « solutions alternatives » à des situations de production qui parfois finissent en « impasses techniques ». Ainsi, le projet Gedubat, lancé pour une durée de six ans (2012-2018), se place dans le prolongement de projet Prabiotel et vise à étudier les systèmes de culture avec pour objectif de réduire l’Indice de fréquence de traitement (IFT). Celui-ci met en œuvre, dans le cadre de rotations différentes méthodes comme le greffage, les variétés résistantes, les plantes pièges et plantes hôtes, les engrais verts, la solarisation, etc.

Concernant cette dernière technique, le bilan du projet Prabiotel montre son efficacité vis-à-vis de bio-agresseurs. Elle a permis de diminuer de façon nette les attaques de nématodes dans le Sud-est sur salade. Son efficacité pathogène fongicide, sur Rizoctonia et Botrytis, a aussi été mise en évidence, ainsi que sa réduction du développement du Big vein sur salade. « Toutefois, il semble que la solarisation soit une technique non sélective qui affecte autant les nématodes phytoparasitaires que les non phytoparasitaires. En cas d’application trop fréquente, tous les ans ou tous les deux ans, elle pourrait remettre en cause la durabilité de la qualité biologique des sols. C’est donc une technique à associer avec d’autres pratiques », précise Yannie Trottin-Caudal, Ctifl.

Avec le projet TutaPi, mené en collaboration avec Inra Sophia Antipolis et Biotop, c’est l’efficacité de différentes souches de Trichogramme, auxiliaires utilisés contre le ravageur de la tomate Tuta absoluta qui est visée. Sept souches fournies par l’Inra sont actuellement en observation dans les serres expérimentales en comparaison avec la souche commerciale T.achaeae. Les premiers résultats montrent beaucoup de variabilité avec une bonne efficacité pour certaines souches qui faudra approfondir. « Une troisième année d’essais est prévue en intégrant notamment ces souches dans un programme global de protection biologique », précise la spécialiste.

L’intégration des SDP

Concernant le melon, plusieurs essais dans le cadre du projet Défileg sont en cours de réalisation. L’un concerne les différences de réactivité des plantes à l’usage de stimulateurs de défenses des plantes (SDP) contre une race d’oïdium du melon (Podosphaera Xantii race 3-5). En effet, l’équipe de recherche de Génétique et Amélioration des fruits et légumes d’Avignon a mis en évidence différents groupes de cultivars avec des niveaux de réactivité distincts qui doivent être confirmés en condition de plein champ. L’objectif de l’essai est donc de tester la réactivité aux SDP de plusieurs cultivars de melon et de vérifier la cohérence et la variabilité des résultats obtenus par l’Inra en condition contrôlée. Un second essai concerne l’intégration des SDP dans les stratégies de traitement contre l’oïdium. « Les SDP sont des solutions alternatives de protection pour accompagner le changement des pratiques de production, cependant tout un travail d’évaluation pratique de ces produits est nécessaire. L’objectif est donc d’étudier l’efficacité de ces spécialités commerciales », précise Marie-Lisa Brachet.

Le melon et l’aubergine sont également concernés par le projet Vasculeg. Celui-ci prend en compte les problèmes de dépérissement racinaires liés aux maladies du sol, fusariose notamment, inféodées à ces deux espèces.

Validation de Pilazo poivron

Un essai a pour objectif d’évaluer trois ressources génétiques présentant des niveaux de résistances intéressants à la fusariose du melon (F.oxysporum f.sp.melonis race 1-2 jaunissante) et déjà testées en laboratoire par l’Inra en les comparants à un témoin sensible (Margot) et résistant (Ogon). « Alors que le témoin sensible présente 90 % d’attaque et 0 % pour le témoin résistant, deux des ressources génétiques ne présentent aucun symptôme et le troisième est attaqué à 15 % », commente avec satisfaction la spécialiste. Toutefois, si ces ressources présentent un potentiel de résistance à la fusariose, celui-ci est loin d’être disponible dans des variétés commerciales. Il en est de même pour l’aubergine. Dans ce cas, il s’agit de l’évaluation de différents couples porte-greffe/ greffon avec des porte-greffe interspécifiques, parfois très éloignés de l’aubergine, mais pouvant apporter des résistances à divers bio-aggresseurs, notamment la verticiliose. Mais de nombreux problèmes de reprise de greffe ou de développement du greffon sont constatés dans les essais actuellement conduits sous abris. Pour le poivron, l’année 2012 devrait permettre la validation de la grille Pilazo qui permettra aux producteurs de gérer la fertilisation d’une culture de poivron en sol à partir de la concentration en azote des jus pétiolaires des jeunes feuilles des plantes. « Cette validation viendra compléter la liste déjà longue des grilles de pilotage Pilazo disponibles sur tomate, melon, fraisier, carotte, chou-fleur, pomme de terre primeur et en cours d’élaboration sur poireau », précise Patricia Erard Ctifl.

A noter également le projet Fertipro, actuellement en cours sur les cultures de tomates en sol sous abri dont l’objectif est d’acquérir des références pour proposer des stratégies de fertilisation minimisant le risque phytosanitaire et limiter le recours aux produits phytosanitaires. La comparaison porte sur une modalité « producteur » (en référence aux pratiques régionales), une modalité guidée avec la grille Pilazo et une modalité « bas intrant azoté » (Pilazo -30 %).

 

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