Réussir fruits et légumes 05 novembre 2012 à 14h37 | Par Réussir Fruits et légumes

Légumes de France - Les légumes en congrès dans le Nord

C'est à Dunkerque (59) que les producteurs de Légumes de France se réuniront pour leur 56 ème congrès les 15 et 16 novembre prochains. Avec la question de l'emploi qui fait l'actualité, les débats risquent d'être forts animés.

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Le prochain congrès national des producteurs de légumes de France sera placé cette année sous une thématique d'actualité : « Les légumes de l’emploi ».
Le prochain congrès national des producteurs de légumes de France sera placé cette année sous une thématique d'actualité : « Les légumes de l’emploi ». - © Légumes de France

Alors que le nouveau gouvernement s'emploie à défaire ce que le précédent avait mis en place s'agissant de la baisse des charges sur l'emploi saisonnier, l'emploi permanent et la TVA sociale, le prochain congrès national des producteurs de légumes de France sera placé cette année sous la thématique « Les légumes de l'emploi ». Angélique Delahaye, dont la ferveur militante pour protéger les entreprises légumières s'exprime depuis une décennie à la tête de Légumes de France, s'est exprimée récemment avec une pointe d'ironie : « On est en plein dans le cadre avec l'intitulé de ce prochain congrès. »


On s'en souvient, le précédent congrès s'était achevé sur une note très fédératrice orientée « vers un large rassemblement des producteurs de légumes en France », afin de poursuivre les efforts d'adaptation et de compétitivité des entreprises de production de légumes, combattre les distorsions de concurrence, en particulier sur le coût du travail et disposer des moyens nécessaires à la protection des cultures. Et enfin, être acteurs de la promotion et de la valorisation des légumes de France. En cela, Légumes de France affiche sa vocation de fédération professionnelle.« Nos rapports d'activité et d'orientation sont clairs, on dit où on veut aller et pour cela nous avons mis en place un plan d'action qui se résume à ces trois points. Mais le message le plus important est celui qui exprime que nous souhaitons fédérer mieux afin de mieux répondre aux producteurs », remarque Bruno Scherrer, directeur de Légumes de France.Les producteurs, comme à l'accoutumée, prendront donc la parole à l'occasion de ce 56ème congrès. Et c'est avec forces témoignages et autres débats, que la première journée de Dunkerque (59) leur donnera l'occasion de débattre sur les problèmes qu'ils rencontrent, « afin qu'il y ait cette prise de conscience que l'on ne doit pas tout attendre des autres », reprend Bruno Scherrer. A ce débat, les Maraîchers nantais, la Fédération nationale des producteurs de cresson, les Horticulteurs d'Ile-de-France et la section légumes de la Fédération du Nord sont pressentis et invités à partager leurs expériences.


Légumes pôle et mode d'emploi


Les « légumes de l'emploi » animeront la deuxième journée, tout d'abord avec une table ronde sur le pôle d'emploi qui permettra d'aborder les sujets de la valorisation des produits qui sous-entend que, « selon le producteur et le produit, les destinations commerciales ne sont pas les mêmes et que par ailleurs le tout OP n'est pas toujours, ni la seule solution ». Pour illustrer le propos, il y aura Michel Saffin représentant une OP adhérente à Rougeline, Xavier Mas pour l'AOPN Fraise, Emmanuel Bonnefond, producteur indépendant de salade à Montpellier (34) qui travaille directement avec Métro, et des représentants de légumes bénéficiant d'un signe officiel de qualité comme le lingot du Nord, l'ail d'Arleux qui vient d'obtenir l'IGP et le cresson qui a fait une demande pour obtenir le signe de Spécialité traditionnelle garantie (STG) qui permet de protéger le savoir-faire traditionnel. La richesse naît des débats et Légumes de France ne s'en prive pas car la table ronde suivante permettra d'interpeller les élus politiques, afin de leur exprimer que « les producteurs de légumes agissent aujourd'hui dans un contexte imposé... ». Les invités pressentis sont Emmanuel Jacquin de la Commission européenne, Philippe Chauve de la DG Concurrence, et Daniel Bouquillon, président de l'Union des endiviers de France, qui, au passage, est en première ligne sur les dossiers de la concurrence et des plans de campagne...


La question des 210 millions


Dans son discours de clôture, Angélique Delahaye interpellera le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll sur plusieurs points. « Je vais lui exprimer le mécontentement qui est le nôtre et qui est doublé de nos inquiétudes pour l'avenir. Sur le dossier Serres et Energie, par exemple, nous n'allons obtenir que cinq millions d'euros de FranceAgriMer alors que le besoin d'aide à l'investissement est de 13 millions d'euros. Cela montre bien en tous les cas qu'il y a encore du dynamisme et des producteurs qui ont encore envie d'entreprendre ». Le dossier Recherche-Expérimentation est en danger, selon la présidente de Légumes de France qui crie au scandale, voire au hold-up car le gouvernement aurait en tête de plafonner les recettes des instituts, l'excédent de collecte de cotisations pour l'expérimentation des entreprises de fruits et légumes étant confisqué par l'Etat... « Quant à la promotion, si on n'en fait pas, on est mort. Et lorsqu'on regarde les budgets promotion, ils ne sont pas à la hauteur des enjeux de notre filière, on reste les petits poucets de l'histoire », ajoute Angélique Delahaye.Elle ne décolère pas non plus sur la modification du dispositif TO-DE qui voit la suppression des 210 millions d'euros destinés à l'allégement du coût du travail des salariés dans le secteur des fruits et légumes : « Où sont passés ces 210 millions d'euros ? Cette mesure qui avait fait l'objet d'une loi a été supprimée sans être inscrite dans la loi de finances rectificative. On perd ainsi ce qu'on avait tricoté pendant quelques années et qui permettait d'améliorer la compétitivité de nos entreprises. Comment un Etat qui est censé donner l'exemple se comporte de telle façon ? »Stéphane Le Foll, qui se rendra à Dunkerque sans se cacher sous un quelconque déguisement, car le carnaval y a lieu traditionnellement de janvier à mars, est attendu de pied ferme. Monsieur le ministre, bienvenue chez les Ch'tis !


MB

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